
La mythique Route 66 (la Mother Road) fait partie intégrante de la
culture américaine et ne laisse pas indifférent tant par les paysages traversés
que par son ambiance si particulière et si riche en émotions. Il y subsiste
encore aujourd’hui le parfum mystérieux d’un passé à la fois douloureux et
exaltant.
Si la Route 66 côtoie les Interstates, elle s’en éloigne aussi souvent
pour nous mener dans des petites bourgades un peu hors du temps où des
passionnés perpétuent le mythe. L’engouement est toujours présent grâce
notamment aux différentes associations présentes sur la Route qui contribuent à
entretenir le patrimoine et à faire découvrir aux touristes cette part de
l’histoire américaine.
Et surtout… n’oubliez pas, on ne fait pas la Route 66, on fait SA Route
66 !
Sommaire
·
2.1 La Route 66 dans l’Illinois
·
2.2 La Route 66 dans le Missouri
·
2.3 La Route 66 dans le Kansas
·
2.4 La Route 66 dans l’Oklahoma
·
2.6 La Route 66 au Nouveau-Mexique
·
2.8 La Route 66 en Californie
·
5 Climat
Longue de quelques 2 500 miles/4 000 km, elle traverse les états de l’Illinois,
du Missouri,
du Kansas,
de l’Oklahoma,
du Texas,
du Nouveau-Mexique,
de l’Arizona
et de la Californie.
La 66 commence à Chicago
sur Adams Street et se termine au bord du Pacifique à Santa Monica.
La route 66 dans l’Illinois démarre de Chicago
et finit à Saint Louis pour une distance totale de 292 miles/467 km.
Points
d’intérêt : Chicago,
Joliet,
Wilmington,
Odell,
Pontiac,
Bloomington,
Shirley,
MacLean,
Springfield,
Mitchell.
La ville de Chicago (voir notre guide dédié) est donc le point
de départ officiel de la Route 66. La « Windy City » est réputée pour
ses nombreux clubs de jazz. Elle vous séduira aussi par son architecture et ses
nombreux musées. Chicago mérite que l’on s’y attarde quelques jours.

Le panneau sur trouve au début de W Adams Street depuis South Michigan
Avenue.
Nous vous conseillons le Millenium Park pour ses concerts et ses festivals, la Chicago River,
une autre vue sur la ville, le Loop (quartier des affaires), la Sears Tower
pour une vue imprenable, la jetée du Navy Pear, le Al Capone Tour (visite en bus des anciens quartiers de
la prohibition) ou encore Magnificent Hill pour le shopping.
En route pour la 66 ! Sortez de Chicago par Ogden Avenue, rejoignez l’I 55
puis prenez la sortie
269 en direction de Joliet Road où vous trouverez le tracé historique.
Sachez qu’il existe des tracés antérieurs « old alignement »
mais nous vous conseillons de vous en tenir aux tracés les plus récents.
Vous traverserez les plaines fertiles de l’Illinois et passerez dans de
petites villes qui ont su garder une authenticité hors du commun : c’est le cas
de Joliet,
ville des Blues Brothers, connue aussi pour abriter le pénitencier de la série Prison Break. Il y existe également un musée historique.


A Wilmington,
ne manquez pas le géant Gemini.

Gemini
Giant
Vous trouverez tout au long de la Route d’autres enseignes géantes,
destinées à attirer de loin l’œil du voyageur !
A Odell,
la Route 66 est ponctuée d’anciennes stations services qui ont été restaurées
et qui proposent quelques souvenirs. N’oubliez pas de signer les livres d’or !
A Pontiac,
faites donc un petit arrêt au Old Log Cabin Restaurant.

A Atlanta,
ne manquez pas le géant Bunyon.

A Bloomington
où se déroule en juin un rassemblement de Corvette, vous trouverez un musée de
la Route 66. C’est également ici qu’un certain Gus Belt ouvrait le premier
« steak and shake ». Pour la première fois, les burgers étaient
préparés devant les clients dans une cuisine ouverte.
Entre Shirley
et MacLean,ne
manquez pas Funks
Grove, une petite ferme réputée depuis 1891 pour son sirop
d’érable (proposé à la vente !).
A MacLean,
prévoyez un petit arrêt au Dixie Truck Home, musée de la route.
La petite histoire rejoint la grande à Springfield, où vous pourrez
visiter la maison d’un illustre habitant : Abraham Lincoln, 16ème
Président des États-Unis.

Le géant de Lauterbach Tire à Springfield
Après Springfield, nous vous conseillons de reprendre l’interstate I 55
et de sortir aux panneaux
Route 66 (le tracé dans l’Illinois est dans l’ensemble assez
bien indiqué grâce à ces fameux panneaux).
L’arrivée dans le Missouri se fait une fois le fleuve traversé. Ne manquez
pas le Chain
of Rocks Bridge, ce pont de 1 632 mètres de long construit en
1936. Sa particularité est qu’il présente une courbure de 22 degrés, ce qui eu
pour conséquence de provoquer de nombreux accidents. Il est à présent fermé à
la circulation.

La Route 66 dans le Missouri démarre à
Saint Louis et finit à Joplin pour une distance totale de 302 miles/483 km.
Points d’intérêt : Saint Louis, Stanton, Cuba, Devil’s Elbow, Springfield, Joplin.
Il existe quelques bonnes portions de la Route 66 dans le Missouri (où
Jesse James fut assassiné par ses complices), celle-ci traverse les montagnes
d’Ozark.
En arrivant à Saint Louis, ne manquez pas la grande arche de 192
mètres de haut, visite possible depuis le parc Jefferson.


Vous pouvez également visiter le Westward Expansion Museum au pied du Gateway Arch,
un musée consacré à la conquête de l’Ouest. La ville compte également de
nombreux autres musées.
A Stanton,
visitez les grottes de Meramec, refuge de Jesse James. Un musée lui est
également consacré.


A Cuba,
admirez de magnifiques peintures murales !
Ne manquez pas le Devil’s Elbow Bridge, pont mythique de la 66.
Pas énormément de choses à voir à Springfield. Cette ville semble vivre au ralenti, une
ancienne portion de 1936 est à découvrir du coté de Kearney Street.
Entre Springfield
et Joplin
(tristement réputée pour ses tornades meurtrières), vous traverserez des villes
fantômes peuplées… d’épaves de voitures !
A la sortie de Joplin, la 66 quitte le Missouri pour faire une incursion
de quelques miles au Kansas.
La Route 66 dans le Kansas démarre à
Galena et finit à Baxter Springs pour une distance totale de 19 miles/30 km.
Points d’intérêt : Galena, Riverton, Baxter Springs.
La petite ville de Galena possède cette atmosphère si particulière de la
66. Elle a notamment inspiré les créateurs du film d’animation Cars.
Prochaine étape : Riverton. On y arrive par le pont Marsh.
A Baxter
Springs, vous pourrez faire une halte au « Route 66
Saloon ». Il existe également un musée sur la guerre de Sécession (Baxter
Springs fut au centre de la bataille de Fort Blair en 1863).
La route 66 dans l’Oklahoma démarre à
Quapaw et finit à Texola pour une distance totale de 388 miles/621 km.
Points
d’intérêt : Commerce,
Miami,
Vinita,
Catoosa,
Tulsa,
Depew,
Chandler,
Arcadia,
Oklahoma City,
El Reno,
Weatherford,
Clinton,
Texola.
L’Oklahoma
(réputé pour ses tornades) est un état très verdoyant qui a connu la grande
migration vers l’Ouest pendant la grande dépression.
Il existe 67 tribus indiennes originelles dont les descendants vivent
encore en Oklahoma. C’est le seul état à avoir été désigné comme état indien.
Ainsi, le plus grand Pow-wow du pays a lieu chaque année à Oklahoma City.
Commerce est la première
ville traversée par la Route 66. Bonnie and Clyde y ont tué un policier en
avril 1934.
A Miami,
il existe une vieille portion de la 66 datant de 1920 mais elle n’est
malheureusement plus praticable.
A Vinita
se trouve l’un des plus grand McDonald’s du monde qui enjambe la I 44.
A Catoosa,
vous trouverez une drôle d’attraction, la baleine bleue.
Tulsa, la capitale pétrolière, est également
la ville qui compte le plus d’Indiens. On peut y visiter le Gilcrease Institute of American
History consacré à l’artisanat indien ainsi qu’à l’histoire
des pionniers.
Plus loin, ne manquez la petite ville très authentique de Depew
mais aussi Chandler
où nous vous conseillons le Musée de l’histoire des pionniers et une ancienne
station Phillips.
A Arcadia
: une ferme ronde de 1898 attise la curiosité. Sa forme permet aux tornades de
« glisser » sur elle sans lui causer de dégâts.
L’urbanisme reprend ses droits à Oklahoma City, théâtre d’un attentat contre un immeuble
fédéral en 95, faisant 168 morts.
A El
Reno se trouve le Big 8 Motel qui a servi de décor au film Rain Man. La ville est également connue pour son festival
du plus grand burger du monde (250 kg) organisé tous les 1ers
samedis de mai.
En reprenant votre chemin, vous pourrez visiter un musée de l’air et de
l’espace à Weatherford,
un superbe musée sur la Route 66 à Clinton, Texola étant la dernière ville traversée avant d’entrer
au Texas.
La route 66 au Texas démarre à Genrio
et finit à Shamrock pour une distance totale de 165 miles/264 km.
Points d’intérêt : MacLean, Amarillo, Adrian, Glenrio.
Cet état plus grand que la France est composé d’immense plaines. On y
trouve des ranchs de plusieurs kilomètres carrés.
A MacLean,
pourquoi ne pas pousser la porte du musée du barbelé ! C’est en effet ici que
fut inventé ce fil de fer afin de garder le bétail dans les parcs. A voir aussi
: une superbe station Phillips.
A Amarillo,
arrêt incontournable au Big
Texan Ranch.
Vous pourrez également admirer une curieuse œuvre d’art à ciel ouvert :
le Cadillac
Ranch.
Dans le centre ville d’Amarillo, de nombreuses boutiques et antiquaires sont
consacrés à la Route
66.
A quelques miles d’Amarillo, vous pourrez visiter le Palo Duro Canyon.
C’est le deuxième plus grand canyon des USA. Certes, il est moins spectaculaire
que le Grand Canyon du Colorado mais il mérite néanmoins une visite.
En arrivant à Adrian, vous voilà à mi-parcours de la Route 66, c’est
ce que l’on appelle le midpoint.
La dernière étape au Texas est le village abandonné de Glenrio.
Ici, la 66 est dépourvue de goudron.
La Route 66 au Nouveau-Mexique commence
à Endee et finit à Manuelito pour une distance totale de 379 miles/606 km.
Points d’intérêt : Tucumcari, Santa Rosa, Santa Fe, Madrid, Sandia Park, Albuquerque, Gallup.
Le Nouveau
Mexique ouvre la porte sur l’Arizona. Il existe deux variantes
pour la 66,
soit en passant par Albuquerque, soit en passant par
Les Hauts plateaux du Nouveau-Mexique
Tucumcari est une agréable
ville-étape de la 66. Vous y trouverez de nombreuses boutiques aux enseignes
lumineuses et colorées.
A Santa
Rosa, ne manquez pas un superbe musée de la route 66 : le Route 66 Auto
Museum.
L’itinéraire par Santa Fe est recommandé afin de visiter cette superbe ville
colorée et métissée à l’atmosphère si particulière. Elle est réputée pour ses
galeries d’art, ses musées ainsi que son architecture d’ancienne colonie
espagnole. Rendez-vous sur la place centrale, vous y trouverez nombre de petits
restaurants et d’artisans qui exposent leurs bijoux à même le sol.
A 25 miles/40 km à l’est de Santa Fe, ne
manquez pas d’aller visiter le parc historique de Pecos. C’était à
l’époque un village de 2 000 habitants où les Apaches des plaines venaient
faire du troc et installaient leurs wigwams sur les terres des Pueblos. La vie
de ce peuple fut transformée avec la venue en 1540 des espagnols qui
demandèrent aux Pueblos de devenir les sujet du roi. Comptez une heure de
visite pour le parc.
La place des gouverneurs – Santa Fe
Entre Santa Fe et Albuquerque, ne manquez pas la Turquoise
Trail, surtout si vous avez vu le film Wild Hogs
(Bande de sauvages). Vous vous souvenez certainement qu’une fête du Chili était
organisée. Or cette fête avait été inventée spécialement pour le tournage mais
les habitants ont trouvé l’idée excellente et ont décidé d’organiser chaque
année une fête du Chili à Madrid.
Madrid est une ancienne ghost town
qui a repris vie grâce à de nombreux artistes venus s’installer dans cette
petite ville.
A Sandia
Park, vous pourrez prendre le plus long téléphérique au monde
(4 300 m) qui vous emmènera au sommet des Sandia mountains.
Albuquerque est la prochaine
étape. Cette ville fut fondée en 1706. D’une architecture comparable à celle de
Santa Fe, elle abrite de nombreux musées dédiés aux Indiens Pueblos ainsi que
de nombreuses boutiques d’art et d’artisanat. Tous les ans en octobre,
Albuquerque organise une impressionnante concentration de montgolfières.
A Gallup,
capitale des indiens d’Amérique, arrêt conseillé à l’hôtel El
Rancho. Selon la légende, Errol Flynn ne descendait pas de
cheval pour entrer dans le bar !
Gallup est aussi un point de départ intéressant pour découvrir :
Vous pourrez ensuite rejoindre Flagstaff afin de reprendre la 66.
La route 66 en Arizona démarre à Lupton
et finit à Topock pour une distance totale de 407 miles/652 km.
Points
d’intérêt : Painted
Desert, Petrified Forest, Holbrook, Winslow, Meteor Crater, Flagstaff, Williams, Seligman, Hackberry, Kingman, Oatman, Topock.
Ancien territoire mexicain, l’Arizona n’a guère attiré de monde en raison notamment de
son relief et de son climat aride avant que de l’or n’y soit découvert.
Déserts, canyons, paysages majestueux, voilà ce qui vous attend en
Arizona, 600 km de bonheur ! Vous remonterez dans le temps avec d’innombrables
traces du passé : les Indiens, Meteor Crater, Petrified Forest, la porte du Grand Canyon,
l’atmosphère unique de villes comme Williams, Seligman, Oatman, … Si vous circulez sur l’I 40,
des panneaux Historic
Route 66 vous indiqueront les sorties à ne pas manquer.
A peine entré en Arizona que voici déjà la première curiosité : Painted Desert
! Il s’étend sur près de 885 km2. Ce paysage
martien est dû à l’érosion qui, au fil des siècles, a dévoilé une multitude de
strates aux couleurs variées.
Après le désert peint, vous trouverez un autre paysage parsemé de bien
curieux cailloux : Petrified Forest ! En s’approchant de plus près, vous
verrez que ce ne sont pas des cailloux mais des arbres qui ont été fossilisés.
Une sorte d’alchimie s’est faite au fil des ans, la structure externe du bois a
été préservée grâce aux sédiments mais à l’intérieur, le bois s’est dégradé,
laissant sa place à différents minéraux naturels.
Ensuite, vous trouverez quelques portions impraticables de la 66 de part
et d’autre de l’I 40.
A Holbrook,
ne manquez pas le Wigwam Motel. Il ne reste que 2 hôtels de ce type, le
second se situant en Californie à San Bernardino.
Wigwam Motel
A Winslow,
vous trouverez un musée du chemin de fer ainsi qu’un superbe hôtel de style
colonial, le Posada.
Il aura fallu plus d’un siècle pour découvrir que l’énorme trou de Meteor Crater
(voir notre guide dédié) n’est pas un volcan
mais un cratère formé par une météorite estimée à 300 000 tonnes. Le cratère
fait 1,2 kilomètres de diamètre et 180 mètres de profondeur.
Au pied des San Francisco Peaks (les plus hautes montagnes d’Arizona), Flagstaff
est le point de départ pour monter vers le Grand Canyon National Park (voir notre guide dédié) en traversant la
foret de Kaibab
réputée pour ses pins. Vous y trouverez le Museum
Club, étape incontournable des afficionados de la 66.
Williams fut longtemps restée
isolée et c’est seulement en 1984 qu’est arrivée l’Interstate I 40. Cette ville
très pittoresque regorge de petits motels, de restaurants et de boutiques. Vous
pourrez dormir au Canyon
Motel & RV Park où vous pourrez (peut-être) dormir dans
un authentique wagon
Williams
A Seligman,
vous pourrez visiter l’ancien salon de coiffure d’Angel Delgadillo,
précurseur du mouvement de protection de la 66. Le premier vendredi du mois de
mai, vous pourrez assister au départ de la course Fun
Run.
Seligman
Après être sorti de Seligman, vous arriverez dans la réserve indienne
des Hualapai,
traduisez « Peuple des grands Pins ». Entre Seligman
et Peach
Springs, vous pourrez visiter les Grottes du Grand
Canyon.
Figure emblématique de la ville de Hackberry, le General
Store a souvent fait la couverture des documents de la 66,
son arrière cour ainsi que son hangar sont remplis de carcasses de voitures et
d’objets qui appartiennent au passé.
A ce stade de la Route 66, il vous est possible de faire un petit détour
par Kingman,
puis de remonter vers Las Vegas par l’US 93. Vous aurez également l’opportunité de partir sur
le Grand
Canyon West (Compter une heure trente de route).
A Oatman,
petite ville du passé, vous trouverez des ânes en liberté, quelques petits
spectacles de rue, ainsi que l’hôtel qui a hébergé Clark Gable et Carole Lombard pour leur nuit de
noces !
Oatman
Topock est la dernière étape en Arizona.
Quelques maisons mais pas âme qui vive…
La Route 66 en Californie démarre à
Needles et finit à Santa Monica pour une distance totale de 311 miles/497 km.
Villes avec points d’intérêt : Needles, Amboy, Newberry Springs, Barstow, Victorville, Cajon Pass, San Bernardino, Santa Monica.
A Needles,
mieux vaut prendre l’I 40 car la 66 se perd en voies privées ou sans issues.
Vous pourrez y voir les ruines du Red Rock Bridge emprunté auparavant par le train, puis
par la 66.
Ensuite c’est la rentrée dans le désert
de Mojave.
A Amboy
: Ne manquez pas le Roy’s
Cafe Motel, ambiance années 30 garantie !
Newberry Springs est
le rendez-vous incontournable des européens, vous y trouverez le mythique Bagdad Cafe
rendu célèbre par le film du même nom ! Essayez d’y arriver assez tôt pour
éviter les hordes de touristes qui débarquent en car !
Bagdad Cafe
L’arrivée dans la ville de Barstow marque la fin du désert de Mojave, c’est aussi
la fin de l’I 40 que vous côtoyez depuis l’Oklahoma. A Barstow, suivez la Route
66 en direction de Helendale. Peu après Helendale et avant d’arriver à Oro
Grande, vous passerez devant la maison d’Elmer, véritable artiste du recyclage qui créée et
expose dans son jardin des bottle-trees, des sculptures fabriquées avec du fer
forgé et des bouteilles en verre multicolores.
Son jardin est libre d’accès et si Elmer est présent, il ne manquera de
venir vous saluer !
A Victorville,
ne loupez pas le musée
de la Route 66, tenu par une association de bénévoles :
véhicules, objets et collections de toutes sortes, livres, disques, meubles,
jeux & jouets, maquettes, objets historiques, photos, … (comptez une petite
heure de visite).
Adresse du musée : 16825 South D Street Victorville CA 92393-2151
Musée gratuit (vous êtes encouragés à faire une petite donation et à laisser un
message dans le livre d’or) ouvert les jeudis, vendredis, samedis et lundis de
10h00 à 16h00 et le dimanche de 11h00 à 15h00.
A partir de Cajon Pass, il vaut mieux prendre l’I 15,
la 66 ayant disparu sous l’effet de l’urbanisation…
A San
Bernardino, quelques panneaux « Route 66 » sont
visibles dans le centre ville.
Arrivée à Los Angeles
La fin de la Route 66 se situe sur le Pier de Santa Monica (voir notre guide dédié). Vous trouverez
également la plaque commémorative de Will Rogers à côté des palissades.
Santa Monica Pier
Panneau end of
the trail route 66 Santa Monica
L’idéal, si vous le pouvez, est de faire la route 66 en Harley mais la
logistique sera plus importante (transport des valises, gestion de l’essence…
).
Si vous décidez de la faire en voiture, louez un SUV car certaines portions
sont un peu délabrées ou sans revêtement ! Le tracé de la Route 66 ressemble
parfois d’ailleurs à un jeu de pistes ; après avoir roulé quelques miles sur
une ancienne portion, vous devrez peut-être faire demi-tour devant une barrière
fermée.
Prévoyez également un kit anti-crevaison, on ne sait jamais !
Respectez les limitations de vitesse ! Les contrôles sont nombreux,
notamment à l’approche des villes.
·
Association
Route 66 dans l’Illinois
·
Association
Route 66 dans le Missouri
·
Association
Route 66 dans l’Oklahoma
·
Association
Route 66 au Texas
·
Association
Route 66 au Nouveau-Mexique
·
Association
Route 66 en Arizona
·
Association
Route 66 en Californie
·
Chicago
: Prévoyez un hôtel
en centre-ville, Chicago se visitant à pied.
·
Carlin
: Carlin
Villa Motel
·
Springfield
: Route
66 Hotel & Conference Center
·
Hamel
: Innkeeper Motel
·
Afton
: Route 66 Motel
·
Amarillo
: Big
Texan Motel
·
Vega
: Bonanza Motel
·
Tucumcari
: Blue Swallow Motel et Motel
Safari
·
Sante
Fe : El
Rey Inn
·
Albuquerque
: Non
Smoker Motel
·
Gallup
: El
Rancho
·
Holbrook
: Wigwam Motel
·
Winslow : Earl’s Motor Court et La Posada
·
Williams
: Route 66 Inn et Canyon
Motel & RV Park
·
Seligman
: Stagecoach 66 Motel
·
San
Bernardino : Wigwam
Motel
·
Pasadena
: Saga Motor Hotel
Étant donné le nombre d’états traversés, il n’est pas possible de
définir la climatologie globale de la Route 66. Nous vous conseillons néanmoins
de la parcourir entre
mai et septembre.
Avant le 20ème siècle, l’ouest était particulièrement isolé
du centre et de l’est à cause des montagnes et des
déserts inhospitaliers.
Avant que le chemin de fer transcontinental ne soit terminé en 1867, le
seul moyen possible pour rejoindre la côte Ouest était d’emprunter le bateau.
En 1926, quelques hommes d’affaires d’Illinois et d’Oklahoma arrivèrent
à convaincre le gouvernement qu’une route reliant l’est
à l’ouest aurait un impact non négligeable sur
l’économie et le tourisme, et naturellement, ils voulaient que cette route passe
dans leurs villes. Elle fut terminée en 1938 et elle fut baptisée Route 66.
Elle devint très vite connue pour voyager d’est
en ouest que ce soit pour raison commerciale ou
touristique.
Suite au trafic incessant de camions et de touristes, les habitants du
long de cette route réalisèrent qu’il faudrait une infrastructure digne de ce
nom tout le long de la route. Des motels, des stations services et tout un tas
de commerces et d’attractions divers commencèrent à s’ériger le long de la
route. C’est à ce moment que le mot Motel (Motorist hotel) fut inventé.
Malheureusement, la route fut victime du progrès. Au début des années
50, elle laissa progressivement sa place aux autoroutes, plus sûres et plus
rapides.
La Route 66 finit par tomber dans l’oubli, les commerces ferment les uns
après les autres jusqu’à ce qu’une poignée de nostalgiques de cette époque
redonnent de la vie à cette Route 66.
En 1939, dans son roman Les Raisins de la Colère,
immense chef d’œuvre de la littérature américaine, John Steinbeck baptisera la
Route 66 The Mother Road, la « route-mère ».
« La 66, le long ruban de ciment
qui traverse tout le pays, ondule doucement sur la carte, du Mississippi
jusqu’à Bakersfield… À travers les terres rouges et les terres grises, serpente
dans les montagnes, traverse la ligne de partage des eaux, descend dans le
désert terrible et lumineux d’où il ressort pour de nouveau gravir les
montagnes avant de pénétrer dans les riches vallées de la Californie. La 66 est
la route des réfugiés, de ceux qui fuient le sable et les terres réduites, le
tonnerre des tracteurs, les propriétés rognées, la lente invasion du désert
vers le nord, les tornades qui hurlent à travers le Texas, les inondations qui
ne fertilisent pas la terre et détruisent le peu de richesses qu’on y pourrait
trouver. C’est tout cela qui fait fuir les gens, et par le canal des routes
adjacentes, les chemins tracés par les charrettes et les chemins vicinaux
creusés d’ornières les déversent sur la 66. La 66 est la route-mère, la route
de la fuite. »
Durant les années 1930, alors que le taux de chômage atteint les 15% et
que la Grand Dépression fait toujours rage, une immense catastrophe écologique
s’abat sur les terres agricoles du Middle West : le dust bowl. Ces tempêtes de
poussières ravagent la région des grandes plaines (Texas, Oklahoma et Kansas)
durant une décennie entière. Suite à cette terrible sécheresse, les familles
doivent abandonner leur ferme et quitter leur terre natale pour s’expatrier en
Californie. Les « Okies », habitants de l’Oklahoma, partent ainsi à
l’aventure, sans un sous en poche, à la recherche d’une terre cultivable, pour
leur survie, pour leur dignité. Aujourd’hui, on estime à 2 millions et demi le
nombre de migrants.
Dans Les Raisins de la Colère, Steinbeck raconte
le périple et la migration d’une de ces familles, les Joad, roulant vers
l’Ouest sur la Route 66 en direction des vergers de Californie, en quête d’une
vie meilleure.
Le roman est adapté à Hollywood dès 1940. Pour des raisons politiques,
le producteur Darryl Francis Zanuck confit le projet à John Ford en qui il voit
l’homme idéal pour mettre en scène ce grand film social. Ford engage Henry
Fonda dans la rôle principal de Tom Joad, avec qui il avait travaillé un an
plus tôt sur Vers sa destinée
(la jeunesse du président Abraham Lincoln). Si le film s’éloigne un peu du
roman de Steinbeck, il reste fidèle à son esprit. Il sera de plus entièrement
tourné sur la Route 66 en passant l’Oklahoma, la Nouveau Mexique, l’Arizona et
la Californie.
Tout comme l’œuvre de Steinbeck, Les Raisins de la Colère
de Ford a su traverser l’épreuve du temps et immortaliser le combat de ces
familles ayant bâti l’Amérique.
Bientôt sur la Route 66 ? Venez en discuter avec nous sur le
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